ACAT SELESTAT

ACTION DES CHRETIENS POUR L’ABOLITION DE LA TORTURE
« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites »  -  Matthieu (25-40)

Espérance

espéranceEcrivons le beau nom d’espérance en tête de nos dossiers et de nos activités, écrivons-le sur nos lendemains, écrivons-le dans notre cœur et dans notre intelligence, écrivons-le dans la chair vivante de notre petite histoire personnelle et de la grande histoire de l’humanité.

Ecrivons donc ce nom d’espérance au cœur du mal : racine pour le défier là où il semble avoir déjà vaincu. L’espérance au cœur du mal, pour éviter le piège d’une espérance qui nous emmène ailleurs, qui nous éloigne des désespoirs du monde, au lieu de nous rapprocher et nous accrocher à eux.

Espérer veut dire réduire les distances, abréger les chemins, rendre proche ce qui est lointain. Espérance implique proximité. Proximité implique compagnonnage. Compagnonnage implique partage. Mais avant de partager l’espérance, et pour pouvoir la partager, il faut partager le désespoir des désespérés. Un partage, c’est un échange.

C’est cela qu’il nous faut : espérer au cœur du mal, pour le vaincre, le devancer, aller au-delà.

Paolo Ricca

 

Prière pour les migrants

Seigneur, nous voulons te prier pour les migrants qui se jettent toujours plus nombreux sur les chemins de l’exil. Ils prennent la route de l’espoir, mais très vite leur voyage se mue en chemin de croix. De plus en plus, les frontières se ferment, se hérissent ; les contrôles se militarisent. Le voyage dure plus longtemps, coûte de plus en plus cher, est de plus en plus risqué… Et pourtant le nombre des candidats à l’exil continue d’augmenter au rythme des guerres, des crises politiques et économiques.

 Sont-ils donc inconscients, sont-ils devenus fous, tous ceux qui risquent leur vie, simplement dans l’espoir d’une vie meilleure ? Nous avons du mal à comprendre. Mais nous savons bien que tant que les inégalités économiques existeront, tant que les dictatures prospéreront, des hommes et des femmes quitteront leurs pays, au risque d’en mourir.

 Seigneur, nous te les présentons, humiliés, maltraités, crevant de faim, sans argent, sans papiers, sans rien, souffrant du froid ou de la chaleur, la peur au ventre, épuisés après des jours et des nuits de marche harassante, côtoyant le pire, sachant qu’à chaque instant tout peut arriver… Ils sont devenus des marchandises sans identité. Confrontés au racisme et à la violence, ils resteront marqués à vie par cette expérience dramatique.

 Seigneur, nous te prions aussi pour leurs familles sans nouvelles, rongées par l’angoisse pendant des mois d’attente interminable. Elles savent qu’ils ne peuvent pas renoncer, qu’il leur faut réussir sous peine de se voir rejetés. L’échec, le déshonneur, l’humiliation ne sont pas envisageables. Arriver à bon port ou disparaître, voilà la seule alternative.

 Aussi Seigneur, souviens-toi de ceux qui ne sont pas arrivés au bout du périple infernal, ceux qui ont été abattus par les policiers à la frontière, ceux qui ont été abandonnés par les passeurs en plein désert, ces hommes, ces femmes, ces enfants engloutis dans l’océan, ceux dont on ne retrouve pas les corps et qui resteront disparus à jamais…

Nous voulons aussi te prier pour les passeurs. Ce sont des mafieux prêts à tout. Et pourtant, comme les tortionnaires, eux aussi sont nos frères. Ils font leur travail en profitant de la détresse de ceux qui leur confient leur vie. Ils sont les rouages d’un système inhumain dans lequel ils ont leur part de responsabilité.

Mais Seigneur, n’avons-nous pas chacun aussi un peu de responsabilité dans la marche de ce monde ?

Alors pardon, Seigneur, pour ce que nous faisons mal, ou pour ce que nous pourrions faire et que nous ne faisons pas… Donne-nous ton aide, ta force, ton courage !

Annie Itty

Mon refuge

Dieu défenseur, protecteur, secours, forteresse, autant de titres qui font de l’image de Dieu comme un rempart à notre détresse. Le texte est d’Ali ibn al Husayn, imam chiite qui mourut en 712-713 du calendrier chrétien.

 

Ô Dieu,

Asile des sans-abri, refuge de ceux qui fuient,

Sauveur de ceux qui se perdent, protecteur de l’affligé et du malheureux.

Toi qui as pitié des pauvres, et qui prends soin des nécessiteux, trésor des démunis,

Toi qui guéris les cœurs brisés, guide des égarés,

Défenseur des faibles, protecteur des craintifs,

Secours pour les sinistrés, forteresse pour les réfugiés.

 

Si je n’ai recours en Ta force, en qui aurai-je recours ?

Si je ne trouve abri près de Toi, près de qui le trouverai-je ?

 

Mes fautes me poussent à m’attacher à Ta clémence.

Mes péchés me pressent de frapper à la porte de Ton pardon.

Mon offense m’invite à faire halte sous les voûtes de Ta magnanimité.

Ma crainte de Ta vengeance me porte à saisir Ta main bienveillante.

 

Il n’est pas juste que celui qui a cherché refuge en Toi soit repoussé.

Il ne convient pas que celui qui a cherché secours en Ta protection soit délaissé et abandonné.

 

Mon Dieu, ne nous prive pas de Ta protection, ne nous soustrais pas à Ta sollicitude,

Éloigne-nous des pistes qui mènent aux puits taris.

Nous sommes sous Ton regard et sous Ta garde.

 

Je te demande, par les anges attachés à Ton service et par les saints de ta création,

de placer sur nous une protection qui nous préserve des vices et nous abrite des coups du malheur.

 

Je Te prie de faire descendre sur nous un peu de Ta quiétude,

d’éclairer nos visages des lumières de Ton amour,

de nous donner refuge en Ton puissant soutien et de nous abriter sous Ta garde.

Par Ta pitié et Ta miséricorde,

ô Très Miséricordieux.

La peur de Dieu

 Moi, Dieu, je leur ai donné le Monde. J’y ai mis des richesses inépuisables, afin qu’ils puissent vivre et être heureux. Il y en a partout, ils en découvrent chaque jour. Ils les transforment, en font des nouvelles. Et moi, Dieu, j’admire ces créations nouvelles dues à l’intelligence que je leur ai donnée.

Ils sont devenus comme des dieux, et je les reconnais comme tels.

Mais ce qu’ils n’ont pas encore compris, c’est que moi, je suis AMOUR, que toutes ces richesses, je les ai données pour tous, qu’ils doivent se les partager s’ils veulent être heureux. Cette puissance qu’ils ont acquise, ils la détournent, ils la prostituent pour détruire.

Et moi, Dieu, j’ai peur !

Je leur ai donné la liberté. Je ne pouvais faire autrement, car sans liberté, ils ne seraient pas Hommes. Qu’est-ce qu’un homme sans LIBERTE ? Avec l’AMOUR, c’est la plus belle des choses. Mais les deux sont indispensables. La liberté sans l’amour, c’est le plus grand risque pour l’humanité. Je le savais au départ, mais je ne voyais pas le moyen de faire autrement.

Alors j’ai envoyé mon fils pour leur parler de l’AMOUR, pour leur dire que l’un ne va pas sans l’autre, que c’est la clé du bonheur, qu’ils doivent tous se reconnaître l’un dans l’autre, et qu’à ce prix, ils feront des choses plus merveilleuses encore.

 Car j’ai mis en chacun d’eux une parcelle de mon Esprit. Mon Fils a fait tout ce qu’il fallait. Il ne pouvait faire plus, il ne pouvait durer. Il a donné sa vie pour faire connaître l’AMOUR. C’est le message qu’il a laissé à ceux qui viendraient après lui.

Et moi, Dieu, je les aide dans cette tâche, car je l’aime, ce Monde. Il fait partie de moi-même. Je ne veux pas qu’il sombre, mais qu’il devienne cette merveille que je n’aurais pu faire seul, et que je découvre à mon tour chaque jour.

Une militante ouvrière (Nord).

Le cri de ton frère

« Dis, est-ce que tu m’aimes ? »

Si tu dis oui,

Si vraiment tu l’aimes,

S’il est quelqu’un pour toi,

Prends le risque de passer

Aux actes.

S’il est bâillonné,

Redonne-lui la parole.

S’il a des fers aux pieds,

Libère le.

S’il a faim, donne-lui du pain

Et plus que du pain.

S’il est à genoux,

Relève-le.

Alors seulement,

Tu pourras dire:

« Seigneur, tu sais très bien

Que je t’aime. »

Bénis nous

Bénis-nous , Seigneur, en nous mettant mal à l’aise… mal à l’aise face aux réponses simples, aux demi-vérités et aux relations superficielles, afin que nous puissions vivre en harmonie avec nous-mêmes.

Bénis-nous , Seigneur, en faisant que nous soyons en colère… en colère devant l’injustice, l’oppression et l’exploitation humaine, afin que nous puissions travailler pour la justice, la liberté et la paix.

Bénis-nous , Seigneur, en nous donnant des larmes… des larmes à verser pour ceux qui souffrent du rejet, de la famine et de la guerre, afin que nous puissions tendre les mains pour les consoler et changer leur souffrance en joie.

Bénis-nous , Seigneur, avec suffisamment de folie… pour croire que nous pouvons FAIRE ce que d’autres prétendent impossible.

De tout notre être, nous voici, Dieu notre Père, pour qu’avec ta grâce le monde soit délivré de la mort et du mal.

Prière d’intercession lue pendant la célébration oecuménique du week-end « Vivr’ ACAT » 2012.

Quand ils sont venus me chercher

Quand ils sont venus chercher les communistes,

je n’ai rien dit.

Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,

je n’ai rien dit.

Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,

je n’ai rien dit.

Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,

je n’ai rien dit.

Je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher.

Et il ne restait personne pour dire quelque chose.

Martin Niemoller, Dachau 1942

Si la note disait

Si la note disait : Ce n’est pas une note qui fait une musique…
il n’y aurait pas de symphonie.

Si le mot disait : Ce n’est pas un mot qui peut faire une page…
il n’y aurait pas de livre.

Si la pierre disait : Ce n’est pas une pierre qui peut monter un mur…
il n’y aurait pas de maison.

Si la goutte d’eau disait : Ce n’est pas une goutte d’eau qui peut
faire une rivière…
il n’y aurait pas d’océan.

Si le grain de blé disait : Ce n’est pas un grain de blé qui commence
un champ…
il n’y aurait pas de moisson.

Si l’homme disait : Ce n’est pas un geste d’amour qui peut sauver l’humanité…
il n’y aurait pas de bonheur.

Comme la symphonie a besoin de chaque note,
comme le livre a besoin de chaque mot,
comme la maison a besoin de chaque pierre,
comme l’océan a besoin de chaque goutte d’eau,
comme la moisson a besoin de chaque grain de blé,
l’humanité tout entière a besoin de toi,
là où tu es,
là comme tu es,
avec ta joie, ton espérance,
ta souffrance, ta misère.
L’humanité tout entière a besoin de toi
car tu es unique et irremplacable.

Michel QUOIST

Oser être heureux

Tu n’oses pas être heureux, alors que tu as la raison la plus indiscutable de l’être : le Dieu tout-puissant, ton créateur et celui de toutes choses, t’aime divinement, c’est-à-dire infiniment, et t’aime de toute éternité, et t’aime personnellement; il désire que tu deviennes un saint, mais en attendant, il t’aime tel que tu es.

Pourquoi donc cette anxiété qui ne cède pas? Ta foi en cet amour manquerait-elle de force et de stabilité? Ou bien serais-tu habité par un secret besoin d’être content de toi, d’être aimé, non par pure gratuité mais pour tes « mérites » ?

Certes, je ne saurais trop approuver ton désir de glorifier Dieu en toutes tes actions ainsi que le fit le Christ tout au long de sa vie. Et c’est bien que tu pleures tes manquements : l’amour ne peut prendre son parti d’avoir été insuffisamment empressé et dévoué. Mais, de grâce ! N’occupe pas tout le temps que tu passes auprès de ton Père à te lamenter et à te repentir !

(…) Prends garde : tu risques de passer ta vie à contempler en toi tout ce qui n’est pas encore purifié, tous les mobiles souvent imparfaits de tes actes, toutes les défaillances. Et d’omettre par là même de contempler la splendeur du Visage de ton Dieu, de ce Visage où tu pourrais lire l’amour capable de submerger tout coeur d’homme, tous les coeurs de tous les hommes…

Te laisser aimer, oser être heureux, sans restriction, voilà donc en quoi je voudrais que consiste ton oraison.

(…) Au dernier jour, combien de chrétiens, laïcs ou religieux, comprendront tout à coup avec stupeur, en découvrant la Face de Dieu, qu’ils avaient été conviés à vivre leur vie tout livrés à la chaleur de cet éclatant soleil, et qu’ils ont passé leur temps, reclus, dans la cave humide de leur cœur !

Que n’entends-tu le Seigneur te dire : « Oui, je te pardonne tous tes péchés. Et maintenant, qu’il n’en soit plus question, viens te reposer. (…) J’ai tant de dons pour toi ! Mais il m’est impossible de t’en combler si tu n’es pas pauvre et heureux d’être pauvre; mieux, si tu ne me pries pas de t’appauvrir plus radicalement encore. Je ne te demande pas de faire toujours plus, mais d’abord d’être, d’être simplement toi, tel que tu es. »

Père Henri Caffarel (dans « Nouvelles lettres sur la prière » – Ed. du Feu Nouveau)

Merveille !

Quand tu vois ton frère dans le besoin, si tu es touché aux entrailles,

n’est-ce pas Dieu qui parle au fond de ton cœur ? Merveille !

Quand tu partages avec celui qui est dans le besoin quelque chose de tes biens, de ton temps, de ta vie,

n’est-ce pas l’Amour de Dieu en toi qui se donne ? Merveille !

 Quand tu accueilles l’étranger « chez toi », qu’il t’appauvrit autant qu’il t’enrichit,

n’est-ce pas Dieu lui-même qui se tient à ta porte et qui frappe ? Merveille !

Quand tu défends les droits de celui qui n’en a pas, comme tu le ferais pour ton frère, ta sœur, ton père ou ta mère,

n’est-ce pas l’amour de Dieu qui fait justice ? Merveille !



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