ACAT SELESTAT

ACTION DES CHRETIENS POUR L’ABOLITION DE LA TORTURE
« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites »  -  Matthieu (25-40)

Pour l’Ukraine.

Pour l’Ukraine

 

Les mots nous sont retirés de la bouche,

Nos poèmes meurent sous les bombes

Avec ceux que l’on assassine à Kiev, à Marioupol et à Kharkiv.

La force brutale veut imposer la peur et semble triompher

Le long des douces rives du Dniepr.

Mais nous savons qu’un peuple fraternel

Toujours se relève

Et que le sang des victimes

Ne coule pas en vain sur le sol humilié.

Nous nous tiendrons debout à ses côtés,

Nous nous éclairerons à la brûlure de son deuil,

A la flamme de son courage,

Nous ne faiblirons pas.

Même s’il semble anéanti,

Le juste est toujours victorieux de la barbarie.

Les vastes plaines d’Ukraine, de Lviv à Donetsk,

Où poussent les blés de l’abondance et de la joie

N’oublieront jamais l’outrage,

Elles ne le recouvriront pas d’un brouillard d’oubli.

Toujours la résistance renaîtra,

Toujours plus forts des chants s’échapperont,

Toujours plus invincibles

Des hymnes en l’honneur de la liberté

Et du printemps !

Laissons les déjà envahir

Nos clairières silencieuses et solidaires !

Laissons fleurir les bourgeons de notre amour,

Hissons haut les couleurs

De nos cœurs !

Jean Lavoué, 2 mars 2022

 

Jean Lavoué, né en 1955, est un auteur français, poète et essayiste qui vit dans le Morbihan. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, récits, essais, recueils poétiques touchant notamment à la littérature et à la spiritualité. 

Le crucifié ces jours est en Ukraine

Le Crucifié ces jours est en Ukraine

 

Le Crucifié ces jours est en Ukraine. Il est avec les jeunes qui meurent dans les combats, les civils qui fuient les bombardements et qui sont écrasés par les bombes, les femmes, les vieillards et les enfants qui ont peur et se cachent, les blessés dans les hôpitaux surchargés, les mères qui pleurent leur fils tué. Ô Jésus ! pourquoi, pourquoi la guerre ?

Le Crucifié ces jours a mal et crie : « J’ai soif ! », et encore : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Il est couvert de sang, le sien et celui des autres. Avec toutes celles et tous ceux qui l’entourent il a peur. Il dit : « Ma vie, ô Père je te la donne Je suis venu pour que pas un seul ne soit perdu ». Ô Jésus ! jusques à quand la destruction de l’homme par l’homme ?

Le Crucifié ces jours n’a pas de tombeau. Son corps mutilé pend aux carrefours des rues de Kiev et d’ailleurs. Joseph d’Arimathie n’a pu obtenir que soit recueillie sa dépouille, et les femmes de sa famille et de son entourage ont été empêchées de le rejoindre. Ni prières ni aromates pour lui ! Point d’ange consolateur ! Ô Jésus ! qu’ils sont longs les vendredis saints du monde !

Le Crucifié ce jour vient mendier ma solidarité. Il me dit : « J’ai besoin de toi ». Il met son corps entre mes mains. Il me montre les Ukrainiens et dit : « Voici ta mère, voici tes frères ! », et puis : « Ce que tu fais à l’un de ces petits qui sont les miens, c’est à moi que tu le fais ! ». Il en appelle à ma révolte, à ma prière, à mon jeûne, à mon partage. Ô Jésus ! me voici !

 

Christian Delorme

28 février 2022

A toi l’inconnu, le torturé, l’opprimé !

Ce matin, à l’aube,
Tu es venu frapper à la porte de mon coeur.
J’ai vu ton visage tout affecté
Tu étais en pleurs et,
Sur tes joues meurtries coulaient de petites larmes argentées…

Tes grands yeux bruns me  fixaient, l’air désespéré.
De ta bouche sortaient, à voix basse, des mots suppliants et insensés.

Ce matin, à l’aube,
Je t’ai ouvert la porte de mon coeur
Je ne sais si j’ai pu te consoler…
Tes joues, tout doucement, j’ai caressées
Mon regard a croisé l’océan de ton regard

Je t’ai murmuré quelques mots de réconfort
« Oui, je suis là pour toi; n’aie plus peur, reste fort ! »

« Je prie pour toi ! »

Gabrielle COELSCH-CHAMPLONG  
Groupe ACAT de Sélestat – Novembre 2021

 

Pour la nouvelle année.

Texte de l’Abbé Pierre proposé pour les vœux de 2021 aux Compagnons de la Communauté Emmaüs de Scherwiller

 

« Je continuerai à croire, même si tout le monde perd espoir

Je continuerai à aimer, même si les autres distillent la haine

Je continuerai à construire, même si les autres détruisent

Je continuerai à parler de paix, même au milieu d’une guerre

Je continuerai à illuminer, même au milieu de l’obscurité

Je continuerai à semer, même si les autres piétinent la récolte

Je continuerai à crier, même si les autres se taisent

Et je dessinerai des sourires sur les visages en larme

Et j’apporterai le soulagement, quand on verra la douleur

Et j’offrirai des motifs de joie là où n’y a que tristesse

J’inviterai à marcher celui qui a décidé de s’arrêter…

Et je tendrai les bras à ceux qui se sentent épuisés ».

 

Abbé Pierre

 

Au creux des mains, une braise.

Allume une braise dans ton cœur, c’est l’Avent.
Tu verras, l’attente n’est pas vaine
Quand on espère quelqu’un.

Allume une flamme dans tes yeux, c’est l’Avent.
Regarde autour de toi,
On a soif de lumière et de paix.

Allume un feu dans tes mains, c’est l’Avent.
Ouvre-les à ceux qui n’ont rien,
Ta tendresse est à bout de doigts.

Allume une étoile dans ton ciel, c’est l’Avent.
Elle dira à ceux qui cherchent
Qu’il y a un sens à toute vie.

Allume un foyer en hiver, c’est l’Avent.
Les transis du cœur et du corps viendront
Et il fera chaud au cœur du monde.

II suffit d’une seule braise, pour enflammer le monde,
Et réchauffer le cœur le plus froid.

Robert RIBER
Prêtre, aumônier de l’Enseignement Public Strasbourgeois, poète, et psychanalyste. († 2013)

Le chemin de Dieu passe par l’homme.

On dit que tu parles :
Mais je n’ai jamais entendu ta voix de mes propres oreilles.
Les seules voix que j’entende,
Ce sont les voix fraternelles
Qui me disent les paroles essentielles.

On dit que tu te manifestes :
Mais je n’ai jamais vu ton visage de mes propres yeux.
Les seuls visages que je voie,
Ce sont les visages fraternels
Qui rient, qui pleurent et qui chantent.

On dit que tu t’assois à notre table :
Mais je n’ai jamais rompu avec toi le pain de mes propres mains.
Les seules tables que je fréquente,
Ce sont les tables fraternelles
Où il fait bon se restaurer de joie et d’amitié.

On dit que tu fais route avec nous :
Mais je n’ai jamais senti ta main se poser sur mes propres épaules.
Les seules mains que j’éprouve,
Ce sont les mains fraternelles
Qui étreignent, consolent et accompagnent.

On dit que tu nous sauves :
Mais je ne t’ai jamais vu intervenir dans mes propres malheurs.
Les seuls sauveurs que je rencontre,
Ce sont des cœurs fraternels
Qui écoutent, encouragent et stimulent.

Mais si c’est toi, ô mon Dieu, qui inspires
Ces voix, ces visages, ces tables,
Ces compagnons et compagnes, ces mains et ces cœurs fraternels,
Alors, du cœur du silence et de l’absence,
Tu deviens, par tous ces frères et toutes ces sœurs,
Parole et présence.

Jacques Musset

Christ, source et avenir de notre dignité.

Christ, source et avenir de notre dignité

 

Béni sois-tu, Seigneur, source et avenir de notre dignité.

Tu manifestes ta tendresse envers le plus petit.

Et nous avons tant de mal à déceler ta présence en ceux que nous jugeons indignes de notre humanité.

Aide-nous, Toi qui as vécu notre vie d’homme, à ne jamais déshumaniser celui qui paraît éloigné de toi !

 

Seigneur, Toi qui as connu les pleurs et l’angoisse, béni sois-tu !

Tu oses manifester ton émotion devant l’abandon et la mort.

Tu dis ta compassion envers ceux qui pourraient défaillir en chemin.

Nous avons tant de mal devant la souffrance qui nous rend absents ou bavards.

Apprends-nous, Toi qui sais aussi souffrir, à être pleinement présents aux côtés de ceux que la douleur accable !

 

Seigneur, révolté par l’injustice et par l’hypocrisie, béni sois-tu !

Tu nous donnes une loi d’amour et de partage, Tu nous demandes d’y ajuster nos vies.

Dis-nous, Toi qui meurs par fidélité à ton message, comment inventer sans cesse les règles d’un monde plus juste !

 

Seigneur, tu sais te retirer et prier, béni sois-tu !

Tu nous révèles la fraternité en désignant le Père.

Nous avons tant de mal à choisir entre activisme et démission.

Nous craignons le silence de ton absence ou l’exigence de ton appel.

Viens prier en nous lorsque le découragement se fait sentir, quand la prière paraît scandaleuse face à tant de violences !

 

Seigneur, tu as parlé aux méchants et à tes bourreaux, béni sois-tu !

Tu dénonces sans concession celui qui ne sait pas aimer ; et dans une même parole, tu l’invites à changer.

Nous avons tant de mal à prier pour les tortionnaires, à célébrer le pardon dont certaines victimes sont capables.

Inspire-nous les paroles du vrai dialogue et le courage de faire le premier geste vers la réconciliation !

 

Seigneur, tu es vivant, béni sois-tu.

Ta parole et tes gestes nous remettent sur le chemin de la vie.

 

Guy Aurenche

Notre Père (version ACAT).

Notre Père qui es dans la vie de tous les hommes qui cherchent la justice,

Ton nom est sanctifié par tous ceux qui défendent la vie des pauvres et des humbles, et qui luttent pour le respect de leur dignité.

Que ton règne vienne, ton règne d’amour et de fraternité, de liberté et de justice !

Que ta volonté soit faite, Seigneur, toi qui es liberté pour les prisonniers, apaisement des affligés, force pour les torturés, libération et vie pour ceux qui souffrent de la violence !

Donne-nous aujourd’hui le pain de l’égalité dans les droits fondamentaux.

Pardonne-nous notre manque de foi et de courage quand nous gardons le silence.

Libère-nous de la tentation de croire que nous sommes impuissants à changer quoi que ce soit.

Et délivre-nous du mal qui nous incite à garder notre vie pour nous, alors que tu nous invites à la donner.

 

Accorde-moi…

Pour ta gloire Seigneur,

Accorde-moi la grâce de n’avoir qu’une souffrance, celle de faire souffrir;

et qu’une joie celle d’aider mes frères à être moins malheureux.

Pour que mes frères soient moins malheureux,

Accorde-moi Seigneur un esprit souple, afin que j’accepte de paraître faible ou sans défense, plutôt que de peiner ou de briser.

Accorde-moi un esprit droit afin que je n’interprète jamais en mal la peine que l’on me fait.

Accorde-moi un esprit simple, afin que je ne sois pas un poids pour ceux qui m’entourent.

Accorde-moi Seigneur un coeur ardent, afin que je reste ouvert à ceux qui pourraient me haïr,

m’envier ou me jalouser.

Accorde-moi un coeur humble, afin que je ne me raidisse pas devant les critiques, les procédés déloyaux, les jugements durs et hâtifs.

Accorde-moi un coeur large, afin que je supporte les étroitesses d’esprit et les égoïsmes révoltants.

Accorde-moi Seigneur une volonté ferme, afin que je persévère malgré la fatigue et malgré l’ingratitude.

Accorde-moi une volonté patiente, afin que mes frères soient heureux malgré leurs défauts, malgré leur faiblesse.

Accorde-moi une volonté rayonnante, afin qu’autour de moi personne ne se décourage, personne ne désespère.

Accorde-moi ne ne jamais juger sans preuve et de juger avec miséricorde.

Accorde-moi de ne jamais croire au mal que l’on dit des autres et surtout de ne jamais le répéter.

Accorde-moi surtout de savoir écouter, de savoir deviner, de savoir pardonner,

Afin que mes frères soient moins malheureux.

(Anonyme)

De l’étrange dans mon ciel.

Il y avait de l’étrange dans mon ciel, et je ne le savais pas.
Mon ciel était au-dessus de mes toits et mes étoiles,
Je croyais les connaître toutes,
Mais toi, l’étranger, tu m’as dit d’autres toits, d’autres cieux,
Et tu as fait se lever des astres que je ne connaissais pas.

Il y avait de l’étrange dans ma terre, et je ne le savais pas.
Mes jardins étaient couverts de pommiers et de mirabelliers,
Mais toi, l’étranger, tu as planté dans ma terre
Des fleurs de palmiers et des plants d’olivier,
Et tu as fait jaillir une sève que je ne connaissais pas.

Il y avait de l’étrange dans ma langue, et je ne le savais pas.
Ma langue chantait en patois et dialectes,
Mais toi, l’étranger, tu es venu avec d’autres notes et paroles,
Et tu as fredonné des airs que je ne connaissais pas.

Il y avait de l’étrange dans ma peau, et je ne le savais pas.
Ma peau à moi rêvait de noir d’ébène et de jaune sable,
Mais toi, l’étranger, tu m’as révélé des couleurs inouïes,
Et tu as dessiné des arcs-en-ciel que je ne connaissais pas.

Rober Riber  Prêtre et Poète (1935-2013)

Robert-Riber



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