ACAT SELESTAT

ACTION DES CHRETIENS POUR L’ABOLITION DE LA TORTURE
« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites »  -  Matthieu (25-40)

Appel à mobilisation

Ce jour, 15 octobre 2026, l’ACAT France lance un appel à mobilisation pour demander la libération des prisonniers sahraouis de Gdeim Izik dont fait partie notre filleul Mohamed Bourial.

Lire l’appel de l’ACAT France: cliquez ici

Pour agir, envoyez un email et/ou téléchargez la lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et retournez-la par voie postale à madame la première ministre du royaume du Maroc.

Télécharger la lettre : cliquez ici 

 

 

À propos de la grève de la faim des prisonniers sahraouis: Claude Mangin, membre de l’ACAT, témoigne

Claude Mangin, épouse du prisonnier politique Naâma Asfari, figure de la lutte pour le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, a été refoulée ce lundi 12 octobre à l’aéroport de Marrakech au Maroc. Interdite de territoire marocain, elle n’a pas revu son compagnon depuis 2019.

En avril 2017, nous avions accueilli Claude Mangin à Sélestat lors d’une soirée consacrée aux prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik auquel appartiennent Naâma Asfari et notre filleul Mohamed Bourial.

Pour bien comprendre la situation actuelle de notre filleul Mohamed Bourial et de ses compagnons sahraouis, nous vous proposons ci-dessous le témoignage de Claude Mangin publié le 10 octobre 2026.

 

Grève de la faim

Nous venons d’apprendre que notre filleul de parrainage Mohamed BOURIAL, membre du groupe de Gdeim Izik et détenu à la prison d’Aït Melloul 1 au Maroc, a annoncé son intention d’entamer une grève de la faim d’avertissement de 48 heures, malgré son état de santé, à compter du mardi 29 septembre 2026. Cette démarche intervient en solidarité avec ses camarades prisonniers en grève de la faim dans différentes prisons marocaines ( En savoir plus…), ainsi qu’en protestation contre les pressions, les restrictions et la privation de droits dont il fait l’objet de la part de l’administration de la prison d’Aït Melloul 1.

Notre soutien à Mohamed Bourial reste total.

Lancement d’une chaîne de prière

– Dans le cadre de notre parrainage du prisonnier civil sahraoui Mohamed Bourial;
– En soutien à Naâma Asfari actuellement en grève de la faim illimitée depuis 37 jours;
– En soutien à l’ensemble des prisonniers civils sahraouis du groupe « Gdeim Izik »;

Notre groupe ACAT Sélestat décide à l’unanimité la mise en place d’une chaîne de prière.

Tous les jours à 18h, animés par notre foi en la force de la prière,  nous serons en union de prière avec Mohamed Bourial, Naâma Asfari, sa femme Claude Mangin et tous les autres prisonniers sahraouis du groupe « Gdeim Izik ».

Quoi de neuf pour notre filleul et ses compagnons sahraouis ?

« Saharien d’humain », tel est le titre de l’article du Canard Enchaîné, N° 5510 du mercredi 17 juin 2026, consacré à la situation actuelle des 19 prisonniers politiques sahraouis du groupe « Gdeim Izik » dont fait partie notre filleul Mohamed Bourial mais également Naâma Asfari.

Le Comité des Nations Unies contre la torture a confirmé, le 20 mai 2026, le recours par le Maroc à des traitements cruels, inhumains et dégradants à l’encontre de détenus politiques sahraouis, incarcérés à la suite des affrontements de Gdeim Izik en 2010. (-> en savoir plus…)

Le 28 mai 2026, l’ACAT- France s’est mobilisée à travers un appel à mobilisation pour Naâma Asfari et mettre fin à sa détention arbitraire (-> en savoir plus…)

Le 8 juin, Naâma Asfari a débuté une grève de la faim illimitée à la prison de Kénitra (-> en savoir plus…)

L’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains, un partenariat de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), a lancé un appel d’urgence et de soutien le 19/06/26 (-> en savoir plus…)

Le 30 juin 2026, la LPPS (Ligue pour la Protection des  Prisonniers Sahraouis) signale que l’ensemble des prisonniers civils sahraouis appartenant au groupe « Gdeim Izik », détenus dans différentes prisons marocaines, entame une grève de la faim d’avertissement de 48h, en solidarité avec leur compagnon Naâma Asfari.

Dernières nouvelles

D’après les dernières informations reçues de Claude Mangin, l’épouse de Naâma Asfari que nous avons eu plusieurs fois l’occasion d’accueillir à Sélestat, Naâma Asfari est actuellement détenu à l’infirmerie de la prison de Kénitra. Il a perdu 9 kilos après un mois de grève de la faim, mais sa détermination à poursuivre son mouvement de protestation reste totale.

 

Un anniversaire très spécial !

08/11/2025: 15ème anniversaire de l’arrestation de Mohamed Bourial et de ses amis sahraouis du groupe Gdeim Izik.

A cette occasion, nous organisons le mercredi 05/11/2025 une manifestation silencieuse… mais bien visible en plein centre historique à Sélestat. Notre soutien à notre filleul de parrainage Mohamed Bourial reste total.

Article paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 06/11/2025
(cliquez sur la photo pour agrandir)

NDLR: une erreur s’est glissée dans l’article au niveau de la date du démantèlement du camp et des arrestations mentionnés en 2025. Mais en lisant le texte, on comprend que les faits ont eu lieu il y a 15 ans ! L’article en question a été rectifié sur le site internet des DNA.

 

Rassemblement de soutien

Pour marquer le 15ème anniversaire de l’arrestation – le 8 novembre 2010 – des prisonniers sahraouis que nous soutenons, nous organisons mercredi 5 novembre 2025 à 14h, un rassemblement silencieux de 15 minutes (1 minute de silence par année de détention) à Sélestat sous la tour des sorcières, porte de Strasbourg, endroit symbolique puisque c’est là qu’au 17ème siècle les femmes accusées de sorcellerie étaient enfermées avant leur exécution. C’est là aussi qu’elle auraient été torturées.

Toute personne intéressée pour se joindre à nous sera bien sûr la bienvenue.

Annie Itty – ACAT Sélestat – 06 86 89 72 20

Rappel des faits:

Il y a 15 ans, le 8 novembre 2010, les autorités marocaines démantèlent par la force le camp de Gdeim Izik, situé au Sahara occidental. A l’époque, plusieurs milliers de Sahraouis sont venus installer leurs tentes traditionnelles dans un spectaculaire camp de toile, à Gdeim Izik, près de la ville de Laâyoune au Sahara occidental, territoire sous occupation marocaine. A travers cette mobilisation pacifique, ils voulaient protester contre les discriminations exercées à leur encontre par le gouvernement marocain. Le 8 novembre, les forces de sécurité́ marocaines évacuent le camp et des affrontements éclatent, dans lesquels onze policiers et deux militants sahraouis trouvent la mort. Des centaines de personnes sont blessées, des centaines d’autres arrêtées.

Parmi les personnes arrêtées, 25 militants politiques et défenseurs des droits, considérés comme les meneurs du camp, sont accusés du meurtre de policiers, alors que certains n’étaient même pas présents sur les lieux aux moments des faits. Ainsi, le militant Naâma Asfari est arrêté dès le 7 novembre, la veille du démantèlement, passé à tabac et mis au secret. Ses compagnons également auraient été soumis pendant leur garde à vue à des actes de torture et de traitements inhumains et dégradants – menaces, coups, privations d’eau et nourriture – avant d’être forcés à signer des aveux pour les crimes dont ils sont accusés.

Malgré les allégations répétées de torture et mauvais traitements produites par la défense lors des procès, les autorités marocaines ont toujours refusé de mener des enquêtes indépendantes sur ces accusations.

15 ans après les faits, nombre de ces prisonniers sont toujours détenus de façon arbitraire. Ils ont été transférés dans des prisons en dehors du Sahara occidental, ce qui rend difficile voire impossible les visites de leurs familles et est contraire au droit international. Ils sont pour la plupart détenus au secret et soumis à des brimades constantes dans des conditions très dures (privation de téléphone et de courrier, absence de soins…)

Leurs procès ont été marqués par la fabrication de preuves, le recours à des aveux forcés et des obstacles à l’exercice du droit de la défense. Lors des audiences en 2017 devant la cour d’appel de Rabat, les avocats des accusés n’ont cessé d’avoir la parole coupée, certains ont même été violemment expulsés de la Cour.

Les instances onusiennes ne s’y sont pas trompées. En décembre 2016, le Maroc a été condamné par le CAT (Comité contre la torture des Nations Unies) pour des violations multiples de la Convention contre la torture sur la personne de Naâma Asfari, tandis que plusieurs procédures spéciales ont alerté sur le caractère arbitraire de ces détentions. D’autres condamnations internationales du Maroc ont suivi depuis.

C’est pourquoi, aujourd’hui à nouveau, plusieurs organisations de défense des droits humains, dont l’ACAT, appellent le Maroc à libérer les prisonniers du groupe dit de Gdeim Izik, détenus illégalement depuis 15 ans.

 

Dernières nouvelles de notre filleul Mohamed Bourial

Via l’agence de presse Equipe Média, nous venons de recevoir des nouvelles accablantes concernant Mohamed Bourial notre filleul :

16 septembre 2025

Mohamed Bourial, un prisonnier politique sahraoui du groupe Gdeim Izik, a entamé une grève de la faim de 48 heures pour protester contre les conditions de détention déplorables et inhumaines, y compris le refus de médicaments essentiels et les restrictions sévères des visites familiales.

La grève de la faim a débuté le lundi 15 septembre 2025, à la prison d’Ait Melloul près d’Agadir, où Bourial est détenu à environ 700 kilomètres de sa famille à El Ayoun occupé.

Selon sa sœur, Oum Essad, qui a parlé à Equipe Media, le déclencheur immédiat de la protestation est un problème critique concernant la santé de Bourial. L’administration pénitentiaire l’a informé qu’il ne pouvait recevoir les médicaments nécessaires que de l’extérieur de l’établissement, une tâche presque impossible pour sa famille étant donné l’immense distance et leur accès restreint.

« C’est une politique délibérée pour briser son moral et sa santé », a déclaré Oum Essad. « Ils savent que nous vivons à 700 km de distance et que les visites sont sévèrement limitées. Comment sommes-nous censés lui procurer ses médicaments régulièrement ? »

La situation de la famille est aggravée par les restrictions sévères sur les visites. Oum Essad a révélé que la permission de voir Bourial n’est accordée qu’à sa mère, sa femme et une de ses sœurs. Tous les autres membres de la famille se voient systématiquement refuser les droits de visite, l’isolant de son réseau de soutien.

De plus, elle a détaillé les conditions de vie quotidiennes épouvantables que son frère endure. « Mohamed souffre de la mauvaise qualité de la nourriture fournie, et il vit en isolement total depuis sept ans », a-t-elle affirmé. Cet isolement prolongé et la mauvaise nutrition ont gravement affecté son bien-être physique et mental.

Mohamed Bourial est l’un des activistes sahraouis condamnés en lien avec les manifestations de Gdeim Izik, un camp démantelé par les forces marocaines en 2010. Son cas est fréquemment cité par les organisations de défense des droits de l’homme qui accusent le Maroc de détenir et de maltraiter de manière arbitraire les prisonniers politiques sahraouis.

Dans sa communication avec Equipe Media, Oum Essad a lancé un appel désespéré à la communauté internationale. Elle a appelé « toutes les consciences internationales à agir et à faire la lumière sur la situation de son frère et de tous les prisonniers politiques sahraouis détenus dans les prisons marocaines ».

 

Vous pouvez envoyer un message de soutien à Mohamed Bourial à l’adresse suivante:

Mohamed BOURIAL
N° écrou 78607
Prison locale d’Aït Melloul 1
80000 AIT MELLOUL – MAROC

NB: il est vivement recommandé d’envoyer une copie de votre message de soutien à « parrainageppsahraouis@gmail.com » (géré par Françoise Schwartz de l’ AARASD –Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique) et une copie par courrier à la Croix rouge (Mme Mirjana Spoljaric EGGER – Présidente du CICR – Av. de la Paix 19 – 1202 GENEVE – CH)

Des nouvelles de notre filleul

Fin juillet, nous venons de recevoir avec joie une lettre de la famille de Mohamed Bourial, notre filleul, prisonnier d’opinion sahraoui que nous parrainons depuis plus de 10 ans déjà. La Ligue pour la Protection des Prisonniers Sahraouis (LPPS) dans les prisons marocaines a transmis cette lettre à l’AARASD (Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique) qui en a fait la traduction avant de nous la communiquer. De quoi renforcer, s’il en était besoin, notre conviction à soutenir Mohamed Bourial jusqu’à sa libération dans le respect des droits humains.

Traduction de la lettre:

El Aiun occupé : 17/05/2025

De la famille du prisonnier politique sahraoui Mohamed Bourial

À  

Les consciences vivantes solidaires avec notre fils, dont les messages et le soutien ne cessent de lui parvenir.  

Objet : Lettre de remerciement

En rapport avec le sujet mentionné ci-dessus, nous tenons à exprimer nos plus profonds remerciements et notre immense gratitude à toutes les personnes solidaires avec les  prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines en général, et les prisonniers de Gdeim Izik en particulier, ainsi qu’avec notre fils, le prisonnier politique sahraoui Mohamed Bourial.  

Nous n’oublierons jamais votre soutien moral continu envers notre fils . Nous vous informons qu’il reçoit vos touchants messages en prison, mais l’administration pénitentiaire supprime systématiquement les adresses et les noms, ce qui les rend anonymes. De plus, lors de son incarcération à la prison de Tiflet, les courriers lui ont été totalement coupés, avant de reprendre à son transfert à la prison d’Ait Melloul.  

Notre fils nous a indiqué avoir répondu à plusieurs de vos lettres, mais l’administration pénitentiaire a refusé de les transmettre, sans même l’en informer.  

Face à l’intransigeance de l’administration pénitentiaire, il a chargé son fils d’envoyer ses réponses via la poste d’El Aiun occupé. Cependant, les autorités d’occupation ont renvoyé les lettres, refusant leur expédition en raison de la mention El Aiun, Sahara Occidental .  

Il nous a souvent confié que vos messages étaient son seul réconfort dans sa cellule d’isolement, et une lueur d’espoir dans l’obscurité de l’injustice et de la répression. Puissiez-vous rester des flammes d’espoir pour tous les prisonniers du monde.  

Veuillez accepter nos plus sincères expressions d’amitié, de respect et de considération.

La famille du prisonnier politique Mohamed Bourial 

Vous pouvez envoyer un message de soutien à Mohamed Bourial à l’adresse suivante:

Mohamed BOURIAL
N° écrou 78607
Prison locale d’Aït Melloul 1
80000 AIT MELLOUL – MAROC
NB: il est vivement recommandé d’envoyer une copie de votre message de soutien à « parrainageppsahraouis@gmail.com » (géré par Françoise Schwartz de l’ AARASD –Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique) et une copie par courrier à la Croix rouge (Mme Mirjana Spoljaric EGGER – Présidente du CICR – Av. de la Paix 19 – 1202 GENEVE – CH)

Nous ne l’oublions pas !

Depuis plus de 10 ans, nous envoyons tous les mois une carte de soutien à Mohamed Bourial, prisonnier d’opinion sahraoui injustement emprisonné dans les geôles marocaines. (voir l’onglet Notre filleul)

Voici notre envoi d’avril 2025:

 



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