ACAT SELESTAT

ACTION DES CHRETIENS POUR L’ABOLITION DE LA TORTURE
« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites »  -  Matthieu (25-40)

Compte-rendu de la réunion de SEPTEMBRE 2020.


 

Retrouvailles: Première réunion « post Covid » pour notre groupe au foyer protestant de Sélestat. La joie de se retrouver est palpable malgré la « distanciation sociale », le gel hydroalcoolique dès l’entrée dans la salle et les visages masqués ! Qui plus est, nous chantons tous en choeur un « Joyeux anniversaire » aux deux membres du groupe qui fêtent leur anniversaire: Clothilde et René.

Prières: proposées par Annie

Appel du mois: distribution des flyers relatifs au « délit de solidarité » (–> en savoir plus…)

Agenda: Retour et bilan de la dernière Nuit des Veilleurs; AG du National en web’inaire et Rassemblement régional  du 4 octobre à Strasbourg consacrés au plan stratégique pour les années 2020 à 2024 avec pour thème principal « Comment se faire connaître ?« ; Participation à la messe de Rentrée (Fête paroissiale) de la paroisse catholique de Sélestat le 27 septembre prochain.

Parrainage: envoi d’une carte de soutien à notre filleul sahraoui Mohamed Bourial et présentation de l’affiche qui lui est consacrée pour le dixième anniversaire de sa détention arbitraire au Maroc. A suivre…

USA: état assassin.

Une fois de plus, le gouvernement de Donald Trump a exécuté un citoyen américain.
William Emmett Lecroy a été exécuté dans la nuit de mardi 22 septembre 2020.
Au creux du chagrin et de la douleur, lève la volonté de résister à cette justice qui tue, avec l’espérance chrétienne d’une voie possible vers un monde plus humain.

—> lire le communiqué de presse de l’ACAT France.

USA: Silence, on tue !

Une nouvelle exécution fédérale est prévue demain 22 septembre 2020, celle d’un condamné à mort soutenu par l’ACAT, William Emmett Lecroy. S’il était exécuté, William serait le sixième depuis que la Cour suprême a autorisé la reprise des exécutions fédérales après dix-sept ans de moratoire, sous l’impulsion du gouvernement de Donald Trump. Ce dernier, soucieux de conserver le soutien de sa base, martèle son attachement à la peine capitale.
(–> Lire la suite…).

Depuis plus de 10 ans, le groupe ACAT d’Epernay correspond avec William, dans le couloir de la mort à Terre Haute, en Indiana, aux Etats Unis. Marie-Nicole nous a transmis un poème écrit par William…

TIMBER

De cette fenêtre grillagée,

Roussis en bordure d’une prairie,

Je regarde ces pins tordus,

Rangées offrant la sève

De leurs troncs sans écorce ;

Peut-être pleurent-ils, au souvenir du temps

De leur jeunesse, quand ils verdoyaient.

Des bandes d’un orange brillant, comme un collet,

Les étranglent, les condamnent.

Ils n’appartiennent plus à l’écosystème vivant,

Différents en quelque sorte – infestés et hideux,

Ou couverts de moisissures, ou contaminés par la pourriture-

Ils portent le sceau de la mort, mis en quarantaine,

Attendant anxieusement leurs bourreaux.

S’interrogent-ils sur ce destin ?

Sont-ils conscients ? Se battent-ils jusqu’à leur dernier souffle,

Les sens en éveil, toujours sur leurs gardes,

A l’écoute du bruit menaçant des haches,

Du grondement des tronçonneuses

Dont les vibrations font trembler la moindre aiguille brune, desséchée ?

Et quand ils ont rejoint ceux qui sont abattus,

Paralysés et étendus sur le sol de la forêt,

Languissant dans la mort, à l’insu des autres,

Prêts à être débités en morceaux, et tractés,

Hurlent-ils violemment quand on les empile sur le bûcher ?

Enfin consumés. Ils ne sont plus que cendres. Morts et disparus.

Restera-t-il quelque chose d’eux

Ou sombreront-ils dans l’oubli glacial de la mort ?

Existe-t-il un endroit éternel et fertile

Au bord d’une calme rivière baignée de soleil

Où leur esprit pourra s’enraciner ?

Ou peuvent-ils considérer uniquement la mise à mort

Qui attend aujourd’hui, ou demain, ou le jour d’après,

Toute chose vivante finalement,

Même les hommes ici dans le couloir de la mort,

Isolés, vieillissants, mourant comme ces pins ?

Peut-être sont-ils résignés à l’idée

Que, bien trop tôt, nous tous, même les puissants,

Quelque chose vient nous abattre.

Et peut-être redoutent-ils seulement l’arbitraire attente.

 

William E. LeCroy, Jr

(Poème reçu en 2011)

Timber désigne un bois, des arbres promis à l’abattage. A travers une longue métaphore, William médite sur le sort des hommes dans le couloir de la mort. Sa réflexion s’élargit à notre condition humaine.

 

Prochaine réunion : 05 / 10 / 2020

Pour la prochaine réunion mensuelle, nous nous retrouverons le LUNDI 5 OCTOBRE 2020 à 20h au foyer protestant de Sélestat (voir adresse).

NB: port du masque obligatoire.

A bientôt !

Musique et Droits humains (# 19)

Oeuvre emblématique du mouvement des droits civiques aux USA, « Mississippi goddam » est l’une des chansons engagées les plus célèbres écrite et interpretée par Nina Simone  en 1964 en réponse à l’assassinat au Mississippi de Medgar Evers, militant noir défenseur des droits de l’homme, et à un attentat dans une église à Birmingham en Alabama ayant tué quatre enfants noirs.

 

Misssissippi goddam

(Foutu Mississippi)

Alabama’s gotten me so upset
L’Alabama m’a rendu folle de rage
Tennessee made me lose my rest
Le Tennessee m’a fait perdre le sommeil
And everybody knows about Mississippi Goddam
Et tout le monde sait ce qu’il en est pour le Mississippi, bon dieu.

Alabama’s gotten me so upset
L’Alabama m’a rendu folle de rage
Tennessee made me lose my rest
Le Tennessee m’a fait perdre le sommeil
And everybody knows about Mississippi Goddam
Et tout le monde sait ce qu’il en est pour le Mississippi, bon dieu.

Can’t you see it
Ne le voyez-vous ?
Can’t you feel it
Ne le ressentez-vous pas ?
It’s all in the air
Ça flotte dans l’air
I can’t stand the pressure much longer
Je ne peux plus supporter la pression
Somebody say a prayer
Que quelqu’un dise une prière.

Alabama’s gotten me so upset
L’Alabama m’a rendu folle de rage
Tennessee made me lose my rest
Le Tennessee m’a fait perdre le sommeil
And everybody knows about Mississippi Goddam
Et tout le monde sait ce qu’il en est du Mississippi, bon dieu.

This is a show tune but the show hasn’t been written for it, yet.
C’est une chanson pour un spectacle, mais celui-ci n’a pas encore était écrit.

Hound dogs on my trail
La meute de chiens est à mes trousses,
School children sitting in jail
Les petits écoliers sont en prison.
Black cat cross my path
Un chat noir traverse ma route
I think every day’s gonna be my last
Chaque jour me semble devoir être mon dernier.

Lord have mercy on this land of mine
Que dieu ait pitié de mon pays.
We all gonna get it in due time
Nous aurons tous ce que nous méritons quand le moment sera venu
I don’t belong here
Ma place n’est pas ici.
I don’t belong there
Ma place n’est pas là-bas.
I’ve even stopped believing in prayer
J’ai même arrêté de croire aux prières.

Don’t tell me
Ne me dites rien,
I tell you
C’est moi qui vous parle.
Me and my people just about due
Moi et mon peuple on vous parle juste d’un dû.
I’ve been there so I know
J’y étais alors je sais
They keep on saying « Go slow ! « 
Ils continuent à dire  » Vas-y doucement « 

But that’s just the trouble
Mais c’est justement le problème
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
Washing the windows
Laver les vitres
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
Picking the cotton
Ramasser le coton.
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
You’re just plain rotten
Il est bien connu que vous n’êtes que pourriture
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
You’re too damn lazy
Vous êtes trop relax.
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
The thinking’s crazy
L’opinion est dingue
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
Where am I going
Où vais je ?
What am I doing
Que fais je ?
I don’t know
Je ne sais pas.
I don’t know
Je ne sais pas.

Just try to do your very best
Essaye juste de faire de ton mieux
Stand up be counted with all the rest
Lève-toi et sois compté comme tous les autres
For everybody knows about Mississippi Goddam
Car tout le monde sait ce qu’il en est du Mississippi, bon dieu.

I made you thought I was kiddin’ didn’t we
Je vous ai fait croire que je plaisantais n’est-ce pas.

Picket lines
Les piquets de gréve
School boycotts
Le boycott des écoles
They try to say it’s a communist plot
Il veulent nous faire croire que c’est un complot communiste
All I want is equality
Tout ce que je veux c’est l’égalité
For my sister my brother my people and me
Pour ma sœur, mon frère et moi.

Yes you lied to me all these years
Oui, vous m’avez menti toutes ces années
You told me to wash and clean my ears
Vous m’avez dit de laver et nettoyer mes oreilles
And talk real fine just like a lady
Et de parler très correctement, comme une dame
And you’d stop calling me Sister Sadie
Et que vous arrêteriez de m’appeler  » Sœur Sadie « 

Oh but this whole country is full of lies
Oh mais tout ce pays est empli de mensonges
You’re all gonna die and die like flies
Vous allez tous mourir et tomber comme des mouches.
I don’t trust you any more
Je ne vous fais plus confiance.
You keep on saying « Go slow ! « 
Vous continuez à dire  » Vas y doucement « 
« Go slow ! « 
 » Vas y doucement « 

But that’s just the trouble
Mais c’est justement le problème
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
Desegregation
La déségrégation
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
Mass participation
La participation de masse
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
Reunification
La réunification
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
Do things gradually
Faire les choses graduellement
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
But bring more tragedy
Mais engendrer plus de tragédie
« do it slow »
 » Vas y doucement « 
Why don’t you see it
Comment pouvez-vous ne pas le voir ?
Why don’t you feel it
Comment pouvez-vous ne pas le sentir ?
I don’t know
Je ne sais pas.
I don’t know
Je ne sais pas.

You don’t have to live next to me
Vous n’avez pas besoin de vivre à coté de moi
Just give me my equality
Donnez moi juste mon égalité.
Everybody knows about Mississippi
Tout le monde sait ce qu’il en est du Mississippi
Everybody knows about Alabama
Tout le monde sait ce qu’il en est de l’Alabama
Everybody knows about Mississippi Goddam
Tout le monde sait ce qu’il en est du Mississippi.

That’s it !
C’est dit !

Musique et Droits humains (# 18)

Dans un contexte tendu lié au racisme et à la ségrégation, Sam Cooke écrit et chante en 1963 « A change is gonna come » , morceau devenu emblématique du mouvement des droits civiques aux USA. Son influence a été énorme : il était régulièrement diffusé avant les discours de Martin Luther King.

Un titre toujours d’actualité alors que les violences raciales perdurent pendant la campagne électorale américaine en cours…

A Change Is Gonna Come
(Un Changement Va Arriver)

I was born by the river
Je suis né au bord de la rivière
In a little tent
Dans une petite tente
And just like the river
Et comme la rivière
I’ve been running ever since
Je n’ai jamais cessé de courir depuis

It’s been a long, long time coming
Ça fait un long, long moment que j’attends
But I know a change gonna come
Mais je le sais, un changement va arriver
Oh, yes it is
Oh, oui c’est vrai

I go to the movie
Je vais au cinéma
And I go downtown
Et je vais en ville
Somebody keep tellin me
Quelqu’un continue à me dire
Don’t hang around
Ne traîne pas là

It’s been a long, long time coming
Ça fait un long, long moment que j’attends
But I know a change gonna come
Mais je le sais, un changement va arriver
Oh, yes it is
Oh, oui c’est vrai

It’s been too hard living
C’est trop dur de vivre
But I’m afraid to die
Mais la mort me fait peur
I don’t know what’s up there beyond the sky
Je ne sais pas ce qu’il y a là-haut au delà du ciel

It’s been a long, long time coming
Ça fait un long, long moment que j’attends
But I know a change gonna come
Mais je le sais, un changement va arriver
Oh yes it will
Oh, oui c’est vrai

Then I go to my brother
Puis je vais voir mon frère
I say : brother help me please
Je lui dis : frère aide-moi s’il te plait
But he winds up knocking me
Mais il finit par me renverser
Back down on my knees
Par terre sur mes genoux

There’s been times that I thought
Il y a eu des moments où j’ai pensé
I wouldn’t last for long
Que je ne resterais pas pour longtemps
But now I think I’m able to carry on
Mais maintenant je pense que je suis capable de continuer à vivre

It’s been a long, long time coming
Ça fait un long, long moment que j’attends
But I know a change is gonna come
Mais je le sais, un changement va arriver
Oh, yes it will
Oh, oui c’est vrai

Plaidoiries & droits humains.

Un acteur, cinq plaidoiries, cinq moments de vérité.

• À Bobigny, Gisèle Halimi défend l’avortement. Elle dénonce une loi obsolète qui empêche les femmes de disposer librement de leur corps.
• En 1976, c’est à la peine de mort que Paul Lombard s’attaque, en voulant éviter la peine capitale à Christian Ranucci.
• A Clichy-sous-Bois, Jean-Pierre Mignard défend les familles de Zyed Benna et Bouna Traoré, électrocutés dans un poste électrique pour avoir tenté d’échapper à un contrôle de police.
• En 2006, l’acte infanticide de Véronique Courjault lève le tabou du déni de grossesse.
• À Bordeaux, le procès de Maurice Papon revisite les heures sombres de l’histoire de France.

Les grandes affaires judiciaires ne sont jamais enregistrées. Les paroles s’effacent. Mais grâce au travail de reconstitution conduit par Matthieu Aron, les mots sont à nouveau prononcés.
Incarnant les grandes figures du barreau, Richard Berry magistralement seul-en-scène nous fait revivre ces grands procès qui révèlent des faits de société majeurs ayant marqué l’histoire judiciaire de ces quarante dernières années.

A voir et à écouter dès que possible!

Avec Richard Berry
Mise en scène : Eric Théobald
D’après Les grandes plaidoiries des tenors du barreau de Matthieu Aron

 

Le tweet du jour.

Musique et Droits humains (# 17)

Sorti en juin 2018,  « Chante la rue chante«  évoque la dictature et la capacité des peuples à se révolter et à ne pas oublier la liberté. Pascal Obispo nous le rappelle à l’heure du 14 juillet !

NB: on notera les très beaux choeurs africains qui chantent en wolof, langue du Sénégal.

Chante la rue chante 

Qu’est-ce qui nous fait croire
Qu’il faut se verrouiller la mâchoire
En silence à genoux
Devant ceux qui gueulent plus fort
Plus fort que nous
Qu’est-ce qui nous fait dire
Qu’il faut laisser les clés de l’avenir
Aux arrogants oracles
En attendant qu’ils fassent pour nous des miracles
Et nos cris restent dans nos gorges
Au pays de Piaf et des rouge-gorges

Chante la rue chante
C’est ta voix elle t’appartient
Chante allez chante
Les pensées qui te hantent
Les idées auxquelles tu tiens
Chante à tue-tête
À la face des puissants
N’aie pas peur de les rendre sourds
Ils le sont depuis longtemps
Depuis toujours

Qu’est-ce qui nous fait croire
Qu’il faut abandonner l’espoir
Et nos ivresses
Au pays des 14 juillet et de Jaurès
Regarde la foule
Qui tangue et danse
Comme un torrent qui roule
Mort au silence
Faire du bruit ensemble est une force immense
Nos voix s’unissent en un seul cœur
Au pays de Piaf, des merles moqueurs

Chante la rue chante
C’est ta voix elle t’appartient
Chante allez chante
Les pensées qui te hantent
Les idées auxquelles tu tiens
Chante à tue-tête
À la face des puissants
N’aie pas peur de les rendre sourds
Ils le sont depuis longtemps
Depuis toujours, depuis toujours
Chante contre les aboiements, les abus
Chante quand dans ta vie, rien ne chante plus
Chante pour conjurer tes douleurs
Nos poumons ont tous la même couleur

Chante la rue chante
C’est ta voix elle t’appartient
Chante allez chante
À la face des puissants
N’aie pas peur de les rendre sourds
Ils le sont depuis longtemps
Depuis toujours
Chante, allez chante
Liberté
Liberté, chante
Il faudra t’écouter

DNA Jeudi 25 juin 2020.



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